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Comment Chloé et Dimitri ont adopté une grand-mère

Le Monde.fr | 01.02.2014 à 13h47 • Mis à jour le 02.02.2014 à 14h47 | Par Moïna Fauchier-Delavigne

Ce dimanche, c'est Françoise Grouard qui reçoit. Aujourd'hui, on fête les 14 ans de Chloé. Au menu pour son goûter d'anniversaire : un gâteau au chocolat, une crème renversée et la fameuse tarte aux pommes au caramel. Le salon au papier peint jaune est animé, père, mère et les deux enfants sont réunis. On rigole et on se moque gentiment. En bref, cela ressemble beaucoup à un goûter en famille. Pourtant la dynamique septuagénaire et la famille Merckaert n'ont pas de liens de parenté : Françoise Grouard est leur grand-mère d'adoption.

Depuis dix ans maintenant, cette petite troupe déjeune ensemble tous les dimanches. En général, c'est Françoise Grouard qui vient dans le pavillon de la famille – plus pratique que son appartement de Montgeron (Essonne) pour accueillir les enfants. Elle apporte à chaque fois le dessert.

« C'EST SPORTIF D'ÊTRE GRANDE-MARRAINE »

Mais cette grand-mère d'adoption – qui se fait appeler « Grand'Ma » en clin d'œil à son ancienne vie de professeur d'anglais – ne se contente pas de faire des gâteaux. Elle a aussi du temps pour jouer aux dames, elle emmène les enfants en vacances, et elle peut même donner un coup de pouce pour les devoirs. « On fait tout ensemble et des fois, elle m'aide pour réviser. On lui demande aussi des réponses », explique Chloé.  « Grand'Ma fait complètement partie de la famille », conclut Marie-France, la mère de l'adolescente. Elle-même a été pratiquement élevée par sa grand-mère et voulait absolument que ses enfants aient un lien avec des grands-parents parce que « les parents ne peuvent pas tout donner ». « On n'a pas de famille proche, on est comme des chiens perdus », insiste Parïs, le père.

« En tout cas, coupe la mamie modèle, c'est sportif d'être grande-marraine, il faut plonger, sauter. Il faut avoir la santé ! » Cette femme de 71 ans semble encore tout à fait capable d'assumer son rôle vu sa forme resplendissante. 

Les « grands-parents d'adoption » apportent beaucoup à des familles où les liens familiaux sont distendus. Mais ces initiatives sont aussi développées pour rompre l'isolement des personnes âgées. La solitude des retraités devient un enjeu de société en France, où 12 % de la population, et 24 % de plus de 75 ans, vit seule.

Pour Françoise Grouard, tout a commencé quand elle a pris sa retraite. Cette femme de caractère comptait s'accorder une année sabbatique mais après trois mois tranquilles, elle a entendu parler d'une association qui cherchait des bénévoles. Elle s'est donc rapidement impliquée dans « Grands-Parrains ». Célibataire sans enfants, elle s'imaginait mal rester chez elle sans rien faire. L'association en question propose à des personnes âgées de devenir des grands-parents de cœur.

Naturellement, elle a décidé d'essayer aussi le parrainage « pour mieux connaître le sujet ». Après toute sa carrière dans l'enseignement, ne plus être en contact avec des enfants lui manquait aussi. Parmi les dossiers, elle est tombée sur la famille Merckaert qui n'habitait pas trop loin de chez elle, elle les a donc appelés. Les parents semblaient au début assez réticents. Ils avaient déjà tenté de trouver des grands-parrains à leur fille par le biais de l'association mais après une première rencontre décevante avec deux couples de personnes âgées, ils avaient décidé d'abandonner l'idée. 

 « ARRIVER À CONCILIER DEUX EXISTENCES »

« C'est une démarche difficile, explique le père, il faut arriver à concilier deux existences. Finalement, c'est une ou deux personnes étrangères qui vont partager votre vie de famille, s'y immiscer. » Il faut se sentir en confiance, apprendre à se connaître peu à peu. Mais la pugnacité de Françoise Grouart a su les convaincre : « Je les ais pris en main et ne les ai pas laissés partir. » Il a fallu attendre quelques coups de fils, et la naissance de leur deuxième enfant, pour que Marie-France et Parïs acceptent de la rencontrer, une première fois « par politesse ».

Ils sont donc passés chez elle et « ça a accroché », raconte la grande-marraine. Dès le lendemain, elle était invitée chez eux et rencontrait les enfants... Grâce à sa douceur et à la discrétion dont elle a su faire preuve vis à vis des parents, elle a réussi à se faire accepter dans cette nouvelle famille. Six mois plus tard, Chloé, alors âgée de 4 ans, partait à Quiberon, en Bretagne, où madame Grouard possède un petit pied-à-terre. Depuis, les enfants, avec ou sans parents, y passent tous les étés et les vacances de Pâques. Pour le père, ce parrainage « aide beaucoup, c'est devenu une soupape très importante dans notre vie ». En tout cas, confie simplement « Grand'Ma » : « Ils m'aiment bien. Ca fait toujours plaisir quand on vous aime bien… »

La semaine prochaine, c'est Dimitri, le second, 9 ans et une houpette « en béton » sur le sommet du crâne, qui va partir avec « Grand'Ma » faire du ski. Le reste de la famille les rejoindra plus tard. « Au ski, je suis le plus fort. Non, c'est 'Grand'Ma' la plus forte, ensuite c'est moi », assure-t-il fièrement, installé sur les genoux de la championne.

La complicité se niche même parfois là où on ne l'attend pas. Chloé et sa grand-mère d'adoption ont trouvé un langage commun. Elève de 4e dans une classe européenne, la jeune fille parle déjà suffisamment bien anglais pour discuter avec cette ancienne enseignante. Les parents ne comprennent pas grand-chose mais assistent, ravis, à ces échanges.

 



Journée nationale du parrainage

 à l'Haÿ les Roses

Les beaux jours annoncent la fin des longues parties de Scrabble devant la cheminée emmitouflés sous plusieurs couches de pulls ! … Il est temps de sortir et de profiter des grands espaces !


 

Le Grand-Parrainage : ouvert aux enfants handicapés

 

 

A l’issue de son dernier Conseil d’Administration, l’Association Nationale « Grands-Parrains » a décidé d’orienter aussi son action en direction des jeunes enfants et des adolescents handicapés, résidant au domicile familial ou en institution

 

Ceux-ci souffrent souvent, plus que d’autres enfants ou adolescents du même âge, d’un manque de relation avec des aînés et de l’intérêt que celle-ci peut représenter pour leur permettre d’évoluer dans leurs parcours de vie.

 

Le Grand-Parrainage va consister à la mise en relation entre des grands-parrains et de jeunes enfants ou adolescents en situation de handicap, que celui-ci soit physique, mental, sensoriel ou psychique. Ce grand-parrainage pourra permettre des sorties ou activités, ludiques ou éducatives, soit au domicile, soit au sein de structures ou centres adaptés.

 

Cette action étant menée en collaboration avec l’Adapt (www.ladapt.net), le Grand-Parrainage pourra intervenir aussi dans le soutien et l’aide à la recherche d’emploi et/ou la réinsertion professionnelle d’adolescents ou jeunes adultes handicapés.

 

Un véritable engagement définira le cadre de l’intervention du Grand-Parrain : concernant l’activité, le rythme, la durée, le lieu, etc.

 

Comme avec les autres types de grand-parrainage, notre Association vise à travers cette action citoyenne à renforcer le lien intergénérationnel avec pour effet une prévention à chaque âge de la vie : accompagnement des enfants, surtout des plus vulnérables, soutien à la parentalité, aide à l’autonomie et au respect pour les personnes handicapées et leurs familles, lutte contre l’isolement, notamment de certaines familles monoparentales.

 

Lettre d'information du réseau Handicap :

Cinq questions à madame Michelle Joyaux, présidente fondatrice de « Grands-Parrains »,

                                                               par Jean-Louis Fontaine, pour tessolidaire.com

->1) Madame Joyaux, vous êtes présidente et fondatrice de l’association « Grands-Parrains ». Pouvez-vous nous dire ce que veut dire « être grand-parrain (ou grande-marraine) » ?

Etre « grand-parrain » ou « grande-marraine » consiste à se comporter en grand-parent pour des enfants qui n’ont pas de grands-parents ou qui, s’ils en ont ne les voient pas souvent par suite de l’éloignement ou de problèmes familiaux, afin de nouer avec eux des liens affectifs et intellectuels comme avec de vrais grands-parents, grâce à des visites, des sorties, des vacances passées ensemble. Les grands-parrains sont souvent des personnes isolées, loin de leur propre famille et à qui l‘isolement pèse. Ils trouvent du réconfort dans le grand-parrainage. Le grand-parrainage est une incitation à mieux grandir et mieux vieillir. C’est une participation active à la fraternité et à la solidarité nationale.
Selon la définition proposée par l’OMS : « la santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris ceux qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétique de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures » C’est une vraie « complémentaire santé » originale et gratuite !

->2) « Grands-Parrains » s’adresse maintenant également aux enfants handicapés : que pensez-vous que cela leur apporte ?

Cette relation apporte beaucoup aux enfants et aux seniors isolés. Les enfants handicapés sont souvent isolés par suite de leur handicap. Les grands-parrains en leur procurant des distractions, des visites, des sorties, contribuent à rompre cet isolement de manière agréable et intéressante. C’est un enrichissement intellectuel et un apport bienfaisant sur le plan affectif.
Les grands-parrains bénéficient également de cette relation affective et trouvent ainsi une ambiance familiale qui leur manque. Le grand-parrainage doit aider notre société à évoluer et faire reculer les égoïsmes.

->3) Être grand-parrain, ou grande-marraine d’un enfant handicapé : quel « intérêt » cela peut-il avoir ?

Etre grand-parrain ou grande-marraine d’un enfant handicapé apporte la satisfaction d’être utile à cet enfant de manière agréable, tout en partageant avec lui affection et joie. Les uns et les autres gagnent à cette relation. C’est un réconfort pour l’enfant handicapé contre l’exclusion dont il est souvent victime et, pour le grand-parrain, le plaisir de rendre service avec, en plus, un échange d’affection.

En synthétisant, grand-parrain apporte :
- Aux enfants : la génération manquante pour leur éducation et leur conception de la vie, par un complément d’affection, de repères sociaux, un soutien éducatif et culturel…

- Aux parents : un soutien permanent, notamment aux familles monoparentales
ou dissociées, en leur donnant le moyen de sortir de leur isolement par l’élargissement de leur cercle familial, de s’organiser des moments de « répit » .

->4) Vous avez engagé un certains nombre de partenariats : pouvez-vous nous en dire plus ?

Des partenariats ont été engagés avec l’association OLD’UP, avec L’OUTIL en MAIN ainsi qu’avec L’ADAPT qui met tout en œuvre pour conclure des grands-parrainages pour des enfants handicapés. Cette action est pilotée par Jean-Louis Fontaine, administrateur de « Grands-Parrains » et Dominique Ledouce, administrateur de L’ADAPT.

->5) Au 21ème siècle, le grand-parrainage a-t-il un sens ?

Le grand-parrainage a prouvé son utilité au 21ème siècle.
Autrefois, les familles étaient beaucoup plus regroupées et grands-parents, parents et enfants pouvaient se voir fréquemment et avoir de nombreux échanges affectifs et intellectuels.
Grâce au grand-parrainage, actuellement les enfants retrouvent une ambiance familiale semblable à celle qu’ont connue leurs parents quand ils avaient leur âge, ce qui leur apporte beaucoup.

Pour cela nous avons besoin absolument d’être soutenus financièrement, afin de mieux nous faire connaître au moyen d’un maximum de colloques locaux et d’informations par la presse. Grands-parrains peut être modélisé pour soutenir d’autres secteurs du bénévolat par exemple en participant à l’intégration de populations fragiles et isolées.

Le grand-parrainage contribue à faire renaître les valeurs de solidarité qui sont indispensables à notre société pour retrouver son équilibre. Avec « Grands-Parrains » l’humanisme n’est pas qu’un « slogan », c’est un comportement.


 

Le Grand-Parrainage SEL (Service d’Echanges Locaux) intergénérationnel : parcours possible du Grand-Parrainage à temps choisi au Grand-Parrainage classique.

 

Le Grand-Parrainage à temps choisi permet d’accéder au Grand-Parrainage classique car il peut représenter une initiation. Le principe est un engagement régulier facilitant « Le Beau Chemin »* vers le Grand-Parrainage de cœur… comme dans «  Le Petit Prince » de Saint-Exupéry : après avoir rencontré les habitants égoïstes de plusieurs planètes, le Petit Prince fait connaissance de  l’aviateur avec lequel se créent des liens affectifs. Entretemps, le Renard évoquera avec lui comment peuvent se nouer des relations - « s’apprivoiser », lentement, avec le temps, mais chose très importante, avec régularité.

 

Le Grand-Parrainage SEL est un « troc » entre la passion d’un loisir – au sens large du terme (hobby, valeurs, expériences, savoir-faire, savoir-être, …) que le senior veut partager avec un enfant et en retour celui que l’enfant désire partager avec ce senior. L’idée de base de cette initiative est de permettre un épanouissement réciproque entre des Êtres Humains de générations différentes qui -du fait des modalités de vie actuelle- n’auraient jamais pu se rencontrer autrement que par le Grand-Parrainage : donner du sens à la vie sur un mode « gagnant – gagnant »

 

Au cours du temps, ces relations peuvent se poursuivre selon le même fonctionnement ou devenir un Grand-Parrainage traditionnel, ce qui donne une grande liberté pour les aînés dans leur engagement.

 

Les contacts peuvent être ponctuels (par exemple une fois par mois minimum) mais réguliers pour permettre à l’enfant d’avoir des repères temporels et refléter également « la régularité » pour les Grands-Parrains. Cet engagement définit aussi l’activité (intérieure, extérieure,…), son rythme, sa durée (comme un « CDD » de 6 mois, un an) et ses modalités de reconduction de manière à éviter les arrêts brutaux souvent déstabilisateurs pour l’enfant.

Les rapports sont mobilisateurs de valeurs intergénérationnelles autres qu’affectives tout au moins au début de la relation. Il est évident que les activités « de marché » (cours de math, …) ou dangereuses (pyrotechnie, …) sont exclues.

 

Exemples de thématiques  (liste non exhaustive)

·         Visites de musées, lieux historiques, zoos, parcs, antiquités, marchés spécialisés …

·         Jardinage, découverte de la nature, bricolage…

·         Partage de hobbies : numismatique, philatélie, astrologie,…

·         Jeux de société traditionnels : échecs, jeux de dames, de l’oie, …

·         Cuisine, pâtisserie, préparation et participation à des repas (traditionnels ou à thèmes) …

·         Couture, tricot, décoration, ...

·         Informatique, nouvelles technologies, …

·         Activités sportives, gymnastique…

 

Le contenu de la transmission de la richesse de vie entre Grand-Parrain et Petit-Filleul est un héritage de savoirs qui, pour certains, risquent de disparaître, de compétences et donc de savoir-être : une solidarité intergénérationnelle, une implication collective et non un repli individualiste.

 

Etre Grand-Parrain n’est donc pas une stature acquise de fait mais bien une posture qui se construit au fur et à mesure.

 




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